Se libérer des 5 messages contraignants
L’amourd’un parent pour son enfant est habituellement inconditionnel. Or, parfois nous apprenons que pour être aimé(e), apprécié(e) et reconnu(e), nous devons, au choix : être parfait(e), être fort(e), faire plaisir, faire des efforts ou se dépêcher.
L’analyse transactionnelle appelle « messages contraignants » ces 5 injonctions :
- « Sois parfait(e) ! »
- « Sois fort(e) ! »
- « Fais plaisir ! »
- « Fais des efforts ! »
- « Dépêche-toi ! »
L’aspect contraignant provient du caractère excessif de ces injonctions, mais assouplir ces croyances est possible, pour retrouver un équilibre, un pouvoiret uneliberté intérieurs. Chaque injonction a ses avantages, ses inconvénients et pilote généralement nos comportementsà notre insu.
« SOIS PARFAIT(E) ! »
Lorsque l’on est guidé(e) par la croyance « Sois parfait(e) ! », on est très exigeant(e) envers nous-mêmeet envers les autres. On est rarement satisfait(e) de ses propres accomplissements, ni de ceux des autres, car « ce n’est jamais assez bien ». Souvent déçu(e) par le travail d’autrui, déléguer est difficile et l’adage « on n’est jamais mieux servi(e) que par soi-même » est bien ancré.
LES ATOUTS
Être exigeant(e) envers soi-mêmeest un atout majeur : onne cesse d’évoluer. La barre est constamment placée plus haut et on donnele meilleur de soi-même, aussi bien physiquement, qu’intellectuellement. Nous sommes méticuleux, avons lesouci du détail et recherchons la qualité partout. Grâce à nos standards élevés, on sefaçonneunevie de qualité.
Un perfectionniste attendra la même chose des autres. Ainsi, il pousserason entourage à déployer son potentiel. Il motiveraà apprendre, à évoluer,pour éviter lastagnation.
LES INCONVÉNIENTS
La qualité est au rendez-vous, l’expertise aussi, mais l’exigence extrême et systématique est difficile à vivre pour soi-même, comme pour autrui. On n’estjamais content de soi, ni des autres. On se montre toujours à la hauteur, mais on ne se rend pas compte que notre niveau d’exigence est extrême.
On risque aussi de se noyer dans un océan de détails, au lieu d’aller à l’essentiel.
Puis « il n’est pas question de se reposer, s’il reste des choses à faire » : les rares fois où l’on s’occupe de soi, la culpabilité nous rattrape.
Un individu « Sois parfait ! » évite de déléguer. S’il n’a pas le choix, il surveille tout jusqu’à être hyper-contrôlant. L’effet est oppressant pour celui qui le subit (enfant, conjoint, employé ou collègue), qui n’a pas le droit à l’erreur. Il a le compliment difficile et relèveimmédiatement les erreurs ou les failles. Sa pression constante du « tu peux mieux faire », « c’est bien, mais », décourageles victimes des « Sois parfait(e) ! », qui en concluent quepour être aimées, il faut toujours faire plus, faire mieux. Elles finissent démoralisées.
Cette quête de la « sur-performance » procure la terreur de l’échec. Rire de soi devient difficile et la crainte de ne pas être à la hauteur paralyse notreprogression. On sabote ainsi nos opportunités d’évoluer, en évitant les épreuves.
Sans lacertitude du succès, nous ne nous lançons pas. De crainte d’échouer, nous ne terminons pas ce que nous avons commencé. Pourtant, débuter signifie tomberetse relever. Maîtriser ne vient qu’après avoir persévéré. Ainsi, en évitant les défis on se limite.
DES SOLUTIONS
Lâcher prise sur les résultats ; ne plus chercher à tout contrôler ; accepter l’échec ; repérer et se féliciter de ses progrès ; remarquer quotidiennement les actions positives d’autrui et les complimenter ; apprendre à rire de soi ; se jeter à l’eau même lorsqu’on ne se sent pas prêt et terminer nos projets, même lorsque l’on peut encore mieux faire, car les améliorations sont infinies. Oser les défis, se répéter le mantra : « La perfection n’existe pas. Ainsi, j’ai le droit à l’erreur, comme tout le monde. »
« SOIS FORT(E) ! »
Le second message contraignant est celui du « Sois fort(e) ! ». Il s’agit ici d’agir tel un surhomme, qui doit se montrer robuste et se débrouiller seul.
Un enfant confronté à un choc outraumatisme mûrira vite. S’il est (ou se sent) seul pour y faire face, il apprendra qu’il ne peut compterquesur lui-même. Ainsi, il perdra rapidement son insouciance.
Comme le « Sois parfait(e) ! », les « Sois fort(e) ! » sont exigeants avec eux-mêmes et avec les autres, ils considèrent que dans la vie, chacun doit se débrouiller seul.
LES ATOUTS
Sa force le rend solide, responsable et autonome. Il a une bonne gestion émotionnelle et peut encaisser beaucoup, garder son cap et se sortir la tête de l’eau dans les moments difficiles. La pression et les crises sont géréesavec sang-froid, ce qui bénéficie à sa vie professionnelle et familiale.
LES INCONVÉNIENTS
En apprenant qu’il faut serrer les dents,en arrêtant « de pleurer comme une fille », on passe outre ses émotions et sesbesoins, tel un masochiste qui s’inflige inutilement de la douleur. Puis, comme on nes’écoute pas, on n’apprendpas nos limites physiques, psychiques et émotionnelles. À terme, on risque de se blesser, de faire un burn-out ou de tomber gravement malade. Si on n’écoute pas les alarmes de notre corps, il nous y obligera.
Les « Sois fort(e) ! » rencontrent fréquemment des problèmes relationnelset ont peur de la trahison. Ainsi, ils ne font confiance à personne. Puis, ne laissant jamais transparaître leur vulnérabilité, ils laissent entendre qu’ils n’ont besoin de personne, qu’ils sont « anti-dépendants ». Une femme « Sois forte ! » risque d’agir de manière castratrice envers son conjoint, en imposant ses volontés sans rechercher le consentement.
Cette carapace de protection empêche l’intimité, qui leur fait peur. Or, avec nos proches, il est important de quitter l’armure, d’ouvrir son cœur et d’accepter d’être à nu. La relation est alors complice et durable. Les moments compliqués sont traversés main dans la main. On ne se sent plus seul(e).
DES SOLUTIONS
Accepter de lâcher prise et d’accueillir ses émotions, apprendre à s’écouter et à se livrer à ses proches en osant l’intimité. Commencer à faire confiance aux personnes respectueuses et à accepter d’être aidé(e), pour ne pas systématiquement tout faire seul(e). Penser : « J’ai le droit d’être aidé(e) et de m’écouter. » Au niveau relationnel, demander l’avis de l’autre plutôt que d’avancer uniquement selon ses envies personnelles.
« FAIS PLAISIR ! »
Soumis à cette croyance, on pense : « Si je ne fais pas plaisir aux autres, ils ne m’aimeront pas. » On apprend, à tort, que l’amour est conditionnel ; qu’il faut faireet s’oublier pour être aimé.
LES ATOUTS
Une personne « Fais plaisir ! » est très appréciée et fait généralement l’unanimité. Sa générosité la rend serviableetsympathique. Elle a une facultéà dissoudre les tensions, à agir en médiateur, pour résoudre les conflits.
LES INCONVÉNIENTS
Sa crainte du rejet fait qu’elle n’exprime ni ses préférences, ni ses opinions : « je ne sais pas », « comme tu veux », « c’est toi qui choisis »… Ce qui la rend indécise et influençable.
Et sa soif d’être aimée fait passer ses besoinsendernier. À force, reconnaîtreses désirs et affirmer ses besoins devient fastidieux. Cette personne n’ose pas dire « non », ni fixer ses limites.
Àdonnerbeaucoup sans recevoir en retour, nous agissons en« sauveur ». Le danger est de se faire manipuler.
On finit par être déçu(e) et frustré(e) : « Je fais tout pour tout le monde et personne ne fait rien pour moi ! » Du mode « sauveur », on bascule alors au mode « victime ».
DES SOLUTIONS
Réaliser que dans mon quotidien, je donne plus que je reçois et observer le phénomène en me demandant : « Quelles sont les personnes qui donnent plus, prennent plus ou sont dans un bon équilibre du « donner et recevoir » ? » Puis, donner en conscience aux personnes qui sont dans ce juste équilibre et se freiner à donner à celles qui ne retournent pas la pareille… Je m’assure de recevoir, car je suis digne de cela, « je (le) mérite parce que je suis ». Ainsi, j’ose être fidèle à moi-même, en affirmant mes envies, mes besoins et mes limites. C’est en renforçant mon estime personnelle et en « m’autorisant » que je me libérerai du dictateur « Fais plaisir ! ».
« FAIS DES EFFORTS ! »
L’effortfourni a plus de valeur que le résultat. Travailler dur est mieux récompensé qu’une réussite facile.
LES ATOUTS
Guidée par « Fais des efforts ! », la personne donnera systématiquement le meilleur d’elle-même et prendra sur elle-même lorsqu’il le faudra. Son tempérament déterminé et persévérant l’aidera à atteindre ses buts.
LES INCONVÉNIENTS
Se complaisant dans le compliqué, il lui arrive de faire de chaque situation un problème. Puis, lorsque l’effort est automatique, la joie de vivren’est plus. Ce qui peut la rendre désagréable à fréquenter.
Par ailleurs, pensant qu’il faut forcément en baverpour parvenir à ses buts, toute réussite facilesera critiquée, sinon peu valorisée.Puis, son habitude de travailler dur l’amènera parfois à brasser de l’air, pour avoir l’impression d’être utile.
DES SOLUTIONS
Se focaliser sur les solutions et non sur les problèmes, accepter qu’il ne soit pas forcément nécessaire de peiner pour réussir et garder foi en ses capacités et en soi. J’applique « après l’effort, le réconfort », je m’autorise les petits plaisirs de la vie et à faire ce qui me rend joyeux.
« DÉPÊCHE-TOI ! »
Dans notre société au rythme effréné, il faut que tout aille vite : « Dépêche-toi ! », « Je t’attends ! », « On va être en retard, « Active-toi un peu, « Tu me fais perdre mon temps. »
Les « Dépêche-toi ! » ont besoin que les choses aillent vite. Il faut toujours accomplir plus en unminimum de temps.
LES ATOUTS
La dynamique action-réactiondes « Dépêche-toi ! » les rend particulièrement efficaces. Ils sont vifs, alertes et stratégiques. Ils anticipentles problèmes et les règlent rapidement.
Ils accomplissent beaucoup en un temps record.
LES INCONVÉNIENTS
Le revers de la médaille est qu’ils agissent constamment dans l’urgence et trépignent d’impatience. Cettepressionest stressante pour eux-mêmes, comme pour ceux qui les accompagnent.
Le risque est de perdre en qualité de vie et d’écoute, tous deux nécessaires à l’épanouissement. Lorsqu’on est « Dépêche-toi ! », on ne saura pas savourer et nous favoriserons la rapidité à la qualité.
À force de « foncer tête baissée », on ne réfléchit pas assez et on ne prend pas le temps nécessaire pour apprendre de ses erreurset pour agir judicieusement.
Comme les « Fais des efforts ! », ils peuvent s’agiter, afin d’avoir l’impression d’être rapides et efficaces, mais ils gagneraient en efficacité en se posant.
DES SOLUTIONS
Respirer, être présent à ce que l’on fait, ressentir nos émotions et nos besoins, agir et parler plus lentement, comprendre que la notion d’urgence est souvent relative et pas forcément nécessaire. Développer l’écoute et se laisser le temps de découvrir, d’apprendre et d’analyser.
Ne pas être constamment dans l’anticipation et repenser aux expériences passées, pour en tirer des leçons qui nous serviront à l’avenir. Accepter l’idée que, quelquefois, lever le pied est bénéfique, en se disant : « Je m’autorise à ralentir, à souffler et à savourer. »
Se demander : « Après quoi est-ce queje cours ? » « Qu’est-ce que je fuis ? » « À quoi correspond le vide ressenti dans les moments de calme, d’inaction ou de solitude ? » « Serait-ce la peurde lamort ? » Si c’est le cas, je peux apprendre à l’accepter, ainsi qu’apprivoiser la solitude.
CONCLUSION
Finalement, ces croyances nous sont bénéfiques lorsqu’elles ne pilotent pas tous nos faits et gestes à notre insu. Ainsi, notre vie et nos relations s’améliorent quand on choisit consciemmentd’activerou nonles messages qui se jouent habituellement en nous.
Comprendre quel’amour nese gagne pas en faisant, en étant ou en achetant l’autre est libérateur. On est dignes d’amour tels que nous sommes, avec nos qualités et nos défauts, sans avoir à être ou à faire différemment.
Après tout, quel serait le pire cas de figure à ne pas être « parfait(e) », « fort(e) », à ne pas me « dépêcher », à ne pas « faire plaisir » ou « faire des efforts » ? Admettre que je ne risque pas grand-chose m’aidera à m’affranchir de ces injonctions…
En toute circonstance, je remplace mon message limitant par ce mantra :
« Je le peux,
J’ai le droit,
Je le mérite. »

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Coaching
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Des portraits ciblés dans lesquels l’on se reconnaît et des solutions personnalisées pour devenir notre propre coach, merci de ce partage !
Réaliser que chaque personnalité a une palette d’amélioration à sa portée, mettre en pratique les conseils énoncés, pour se libérer petit à petit de nos propres injonctions contraignantes et pour mieux comprendre les personnes qui nous entourent.