L’empathie sans compatir

par | 5 Nov 2020 | Empathie, Fixer ses limites

TEMPS DE LECTURE : 3 minutes

Nous avons besoin les uns des autres, pour s’entraider dans les moments difficiles, se consoler entre proches, partager nos rires, nos larmes, aimer et être aimé(e)s… L’empathie est ce qui nous connecte, ce qui nous permet d’entretenir des rapports bienveillants et de s’épanouir ensemble. On fait appel à elle dès qu’on se met à la place d’autrui, pour comprendre ses ressentis et s’y adapter.

Une personne dotée d’une grande empathie sera perçue comme chaleureuse et sympathique. Elle attirera par son écoute, ses mots affectueux et sa gentillesse. Elle aura la volonté d’aider son prochain, de lui tendre la main. On se sent entendu(e), soutenu(e) et compris(e) par ces personnes attentionnées. Elles semblent nous accepter pour ce que nous sommes, sans jugement.

En revanche, leur empathie ne doit pas devenir de la « sur-empathie ». Si ressentir et comprendre les malheurs d’autrui sont bénéfiques, subir avec la personne est à la fois inutile et néfaste. Être deux à souffrir plutôt qu’un est doublement regrettable et n’améliore en rien la situation. De plus, une personne qui est à l’écoute de tout le monde finit par se couper de ses ressentis, jusqu’à se perdre. Ainsi, faire l’éponge émotionnelle est dangereux. À force de systématiquement s’oublier pour les autres, on ne sait plus bien qui l’on est, ce que l’on aime, quels sont nos envies et besoins.

Citation_J'écoute et comprends la personne, sans subir ni souffrir avec elle.

Accablés par la misère du monde, ces êtres ont tendance à la mélancolie. Les comportements mesquins, le manque de bonté et l’absence de compréhension, les attristent profondément. La souffrance animale, la méchanceté gratuite, la violence, la cruauté et l’injustice leur sont absolument insupportables. Compatir sans limite conduit souvent à une fatigue empathique. Les conséquences sont un état d’esprit négatif et stressé, un sentiment d’impuissance, de frustration et de démoralisation, menant à un épuisement émotionnel.

Être à l’écoute d’autrui sans être affecté par sa détresse est possible. Pour cela, j’intègre que je ne suis responsable ni du bonheur, ni du malheur des autres. Face à une expérience douloureuse, je me dis par exemple : « C’est très triste, je suis de tout cœur avec cette personne, mais je ne souffrirai pas avec elle. » Je m’imagine porter un bouclier, qui me protège de sa douleur.

À l’inverse, quelqu’un qui est égoïste se montrera antipathique et dérangera. À force de ne parler que de lui, de ne s’intéresser qu’à sa personne, il fera fuir. Une absence totale d’empathie est pathologique ; l’autisme en est un exemple. Un autiste ne peut capter la réalité des autres et ne saura donc pas s’identifier, ni s’adapter adéquatement, ce qui engendrera l’isolement.

Trop peu d’empathie isole, une « sur-empathie » désole, et dans les deux cas je suis malheureux(se). Les rapports humains sont essentiels à notre bonheur et à notre réussite. Il est donc important d’optimiser nos échanges. Heureusement, comme toute faculté, l’empathie se développe et s’améliore.

Pour cela, à la façon d’un miroir, je capte et réfléchis la communication non verbale de mon interlocuteur(trice). J’entre en résonance avec ses sentiments et son vécu. Je perçois six éléments : son regard, ses expressions faciales, son ton de voix, sa posture, la durée et l’intensité de ses expressions, qui m’en disent long sur son état interne. Grâce à cette attention et aux données récoltées, je peux m’imaginer la manière dont je me sentirais si j’étais à la place de cette personne. Je parviens alors à trouver les mots justes et les comportements adaptés à ses besoins du moment. C’est en reproduisant cette attitude que je renforce mon empathie.

Par ailleurs, pour rester tolérant(e) même en étant sous l’emprise de la colère, je me répète intérieurement : « Tout humain fait des erreurs et est à l’école de la vie pour apprendre. Tout humain a des qualités et des défauts, des zones d’ombre et de lumière. Tout humain a des blessures à cicatriser, des besoins à combler. Tout humain veut diminuer sa souffrance et augmenter son bonheur. Tout humain a des peurs, connaît la tristesse et la colère. Nous sommes tous imparfaits, car humains et c’est okay. » Dès que je me surprends à critiquer, envier ou jalouser, je me ressaisis et souhaite du bonheur à la personne dont il est question.

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